Le Grenelle contre les violences faites aux femmes à Nouméa

GRENELLE BIS
À l’initiative du Haut-commissariat et du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, une réunion ce 9 septembre a rassemblé tous les acteurs de la lutte contre les violences conjugales. Un plan d’action a été arrêté. 

À l’instar de ce qui a été lancé en métropole par Édouard Philippe, le 1er ministre et Marlène Schiappa, la secrétaire d’État en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes, l’État a mobilisé les énergies pour mettre en œuvre des actions concrètes. Ont pris place autour de la table toutes les structures qui travaillent à la lutte contre les violences faites aux femmes, en particulier les violences intra-familiales et conjugales, à savoir les collectivités, les institutions, les associations et l’État.

« On est sur des statistiques qui ne sont pas acceptables pour la Nouvelle-Calédonie, a déclaré le Haut-commissaire Laurent Prevost, avec des taux très importants et qui demandent des réponses coordonnées et adaptées aux réalités de la Nouvelle-Calédonie. Ces réponses doivent engager l’ensemble de la société calédonienne et pas seulement les services publics ou les élus, et en particulier le tissu associatif qui est bien sûr très mobilisé, mais aussi les autorités coutumières. »

Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie est également engagé dans cette action de mobilisation. « Beaucoup de choses ont été mises en place et il faut saluer l’investissement et le rôle des institutions et des associations, a souligné pour sa part Isabelle Champmoreau, membre du gouvernement en charge de la lutte contre les violences intrafamiliales. Mais aujourd’hui on a besoin d’une mise en cohérence, de la mutualisation des moyens et du maillage géographique, car les situations de prise en charge ne sont pas les mêmes selon les provinces. Il faut un réseau le plus efficace possible. »

Faire passer des messages forts

Lors de cette réunion, les participants ont convenu que la parole des victimes devait se libérer. « Les choses doivent être dites, a insisté le Haut-commissaire, les actes doivent être dénoncés, les plaintes doivent être déposées. C’est sans doute cette libération de la parole qui explique la hausse de plus de 15 % des plaintes déposées entre 2018 et 2019. » Mais ce n’est pas toujours simple pour une victime de déposer plainte, le parcours est parfois techniquement et psychologiquement compliqué. Il a donc été décidé la création d’un dispositif spécifique.

« Une cellule va suivre de manière très pratique ce qu’il advient des dépôts de plainte, a précisé Laurent Prévost. On va mettre ensemble les services judiciaires, de police, de gendarmerie, les associations d’écoute et d’orientation, pour regarder de manière très précise ce que l’on fait des différentes manifestations de femmes victimes de violence. Ça veut dire que l’on va regarder si le circuit d’information est le bon. » Les participants à cette réunion ont estimé que pour que la parole se libère, les femmes victimes de violence devaient se sentir accueillies, écoutées puis être orientées vers les bons dispositifs afin que des réponses adaptées leur soient apportées.

Des groupes de travail

Dans ce cadre, trois groupes de travail ont été créés. « Il s’agit de trois piliers essentiels, a précisé Isabelle Champmoreau. Tout d’abord la prévention avec notamment la question de l’égalité entre les femmes et les hommes. Ensuite, l’accompagnement des victimes et en particulier la question de l’hébergement d’urgence, mais aussi à moyen et long terme, et celle tout aussi importante de la réinsertion des victimes et des enfants.

Enfin, le pilier de la sanction et de l’accompagnement des auteurs des violences, en particulier le suivi psychologique pour éviter la récidive. »  Les deux premiers groupes de travail seront animés par le gouvernement et celui sur la question de la sanction est placé sous la responsabilité du procureur de la République. Tous ces groupes devront rendre leurs conclusions au début du mois de novembre.