Lutte contre le harcèlement : les étudiants s’engagent

CIRCLE K

Pour faire face à une problématique qui concerne également l’Université, un groupe d’étudiants a créé une association, le « Circle K UNC » qui a décidé de mener des actions de sensibilisation.

Âgée de 20 ans, Uma Ville, étudiante en 2e année de DUT Gestion des Entreprises et des Administrations, est présidente de l’association qui compte 17 membres. Créée en octobre 2018, l’association fait partie de l’université et est rattachée au Kiwanis International. « Le but, explique Uma, était de montrer l’investissement des jeunes dans la vie de la cité et de la société, et d’aider la communauté étudiante en ciblant mieux ses besoins, ses attentes et ses difficultés. » Dans un premier temps, l’association a monté de petits projets en faveur des enfants, en lien avec le Kiwanis, comme le projet Teddy Bear au Parc Fayard, « mais notre cible reste les étudiants, souligne la présidente. Nous avons pris conscience des nombreux problèmes posés par le harcèlement parce que même à l’université nous y sommes confrontés. »

Un problème auquel tout le monde est confronté

L’association s’est intéressée à la question du harcèlement après la vague de suicides qui a eu lieu au milieu de l’année dernière. « J’ai quatre frères et sœurs et je ne veux pas que ça leur arrive », confie Uma et la secrétaire du club, Tori Potrowsky, d’ajouter : « ça me semblait important surtout que ma petite sœur a déjà été victime de harcèlement à tel point qu’on a dû la changer d’établissement. Ça m’a donc beaucoup touché. » D’un point de vue personnel, Uma a dû faire face à cette difficulté, « moi-même, dit-elle, j’ai été concernée, lorsque j’en ai parlé à l’administration, ils m’ont fait comprendre que même si je ne voulais pas l’admettre, j’étais harcelée. Cela se traduisait par des remarques désobligeantes sur mon passage, on me narguait, mes affaires ont été fouillées. Tout ça parce que les harceleurs n’appréciaient pas ma personnalité. J’en ai eu marre, j’ai répondu et si je n’ai frappé personne, j’ai bousculé une personne. J’ai trouvé ça vraiment regrettable, car ces histoires sont arrivées alors que je mettais en place mon projet contre le harcèlement. » De plus, Uma confie qu’une de ses amies s’est fait humilier publiquement sur Facebook.

Un programme d’action

« Notre première action, explique Tori, a été de réaliser des affiches qui ont été publiées sur les réseaux sociaux et à l’université. » Le Circle K UNC a financé un certain nombre d’actions, ainsi des séances de self-défense, de yoga et de méditation. « Cela a permis à tous ceux qui sont venus, explique Uma, d’échanger entre eux, de communiquer sur les problèmes auxquels ils étaient confrontés et je crois que le fait de voir que l’on n’est pas seul, ça rassure. » Les cours de méditation et de yoga ont aidé les participants à gérer les situations de stress provoquées par le harcèlement. L’association a également organisé une conférence, au sein de l’université, sur le harcèlement et ses conséquences, on a fait venir la gendarmerie, une psychologue, le mouvement citoyen #ZéroTolérance et SOS Écoute. « Certains ont estimé que parler de ce problème ne servait à rien, explique la présidente du club, mais ça commence par là. Si on n’en parle pas, il ne peut pas y avoir d’actions derrière. Il faut que les gens se rendent compte que ça n’est pas normal. »  Les membres de l’association sont convaincus de la nécessité de créer des espaces de paroles, « il faut sensibiliser les gens, insiste Tori, il est important qu’ils se rendent compte que leurs actes peuvent avoir de graves conséquences. Les harceleurs ne se rendent pas compte que ça peut aller très loin. Ça peut arriver à tout le monde. Il ne faut pas que les victimes aient honte de ce qui leur arrive. En parler peut donc les aider. » C’est dans ce cadre que l’association anime une page Facebook permettant de communiquer et d’échanger. Le club a également des projets dans ses cartons, « on voudrait créer une cellule qui permette de diriger ceux qui sont harcelés vers les dispositifs qui existent », souligne Uma. « On pense également à réaliser des vidéos qui mettent en scène le harcèlement en lien avec la maison de l’Étudiant, et que l’on partagerait sur nos réseaux », ajoute Tori.

#ZéroTolérance sensibilisé et sensibilise au harcèlement scolaire

Le mouvement citoyen #ZéroTolérance constate depuis le début de l’année une forte demande d’aides, de soutiens et d’informations venant des familles dont leurs enfants sont victimes et auteurs de violence au sein des établissements scolaires. Notamment ces deux derniers mois, sept appels, trois rendez-vous, et plusieurs contacts sur les réseaux sociaux ont été signalés rien que par le biais du mouvement. Suite aux remontées terrains de 2018, la thématique « Harcèlement scolaire » a pris sa place au sein du Mouvement, « nous commençons tout juste à la traiter, il y a beaucoup de travail », explique le bureau du mouvement.

 

Page Facebook : Circle K Nouvelle-Calédonie