Enquête sur le cannabis : des étudiants du lycée du Grand Nouméa s’y penchent

BTS SP3

Cette semaine, le mouvement citoyen #ZéroTolérance a été sollicité par une classe de 1re année de BTS SP3S (Services et Prestations des Secteurs Sanitaire et Social) du Lycée du Grand Nouméa. Ensemble, ils ont lancé une réflexion sur la réalisation d’un questionnaire concernant le cannabis.


Cette initiative revient à Julie Chatel, professeure des sciences techniques médico-social. « Cette année, explique-t-elle, les jeunes ont découvert une série de logiciels permettant de traiter les questionnaires, alors le choix du thème s’est porté sur le cannabis après une discussion avec Zéro Tolérance, parce qu’effectivement c’est un thème qui les concerne tous. » L’objectif du mouvement citoyen dans le cadre de cette intervention était d’amener les jeunes de BTS à réfléchir sur ce sujet si important, afin qu’ils puissent ensuite dégager et proposer des questions les plus pertinentes qui composeront le questionnaire auquel auront à répondre les quelque 450 post BAC du lycée du Grand Nouméa.

Des idées reçues à explorer

Après un rapide rappel de la vocation de Zéro Tolérance, que tous les jeunes présents connaissaient, s’en est suivi un tour de table avant de se pencher sur l’ébauche du questionnaire. D’abord, chacun s’est accordé à reconnaitre que l’usage du cannabis en Nouvelle-Calédonie se révèle être un fléau, et tous ont assuré connaître quelqu’un de leur entourage qui fume du cannabis de manière régulière. De la même manière, tous sont tombés d’accord pour assurer que chacun avait une perception différente de l’usage du cannabis. « Les jeunes ne sont pas spécialement au courant des conséquences que cela peut engendrer, explique Melvin, 19 ans, avec cette enquête, c’est intéressant parce que comme cela les jeunes vont être plus au courant des dangers du cannabis. En parler, c’est important. Le cannabis est ancré dans la culture calédonienne, en consommer c’est devenu normal. À travers cette enquête, ce que l’on souhaiterait c’est essayer de prévenir les personnes des aspects négatifs du cannabis. Je pense qu’ils ne les connaissent pas et c’est pour cela qu’ils en fument.  Margaux, 19 ans, elle, estime que bien souvent le phénomène de groupe est le déclencheur : « On peut être influencé à en fumer, dit-elle, il suffit qu’un en fume et cela va influencer le reste du groupe. » Ou encore pour Stacy, 22 ans : « les jeunes de nos jours ne sont pas assez informés des conséquences, c’est banal de consommer et d’en avoir, car on peut en trouver partout. » Certains considèrent même que dans toutes les familles, il y a au moins un consommateur de cannabis, ce qui explique que beaucoup aujourd’hui trouvent normal d’en consommer.

Un questionnaire pour mieux comprendre et surtout sensibiliser

Ce questionnaire, élaboré par les jeunes pour les jeunes, parlera à tout à chacun. Il sera bien sûr validé par le corps enseignant avant d’être distribué. Rien que l’élaboration de ce questionnaire est une forme de sensibilisation et de prévention pour la vingtaine d’élèves en charge de sa rédaction et de mise en œuvre. Ensuite l’objectif de ce questionnaire est multiple. Il s’agit dans un premier temps de sensibiliser à ce problème tous ceux qui y répondront et ensuite de les amener à réfléchir aux réponses à apporter à ce fléau et de mieux appréhender les moyens de communication sur le thème. Cinq angles ont retenu l’attention de nos étudiants pour ce questionnaire : santé (connaître les risques), comportement (conséquences sur le comportement), environnement (comment est consommé le cannabis), culturel et cadre juridique. La classe de BTS a ainsi encore deux mois pour élaborer le questionnaire, le faire remplir par les 450 posts bac et présenter les résultats à la mi-octobre. Cette enquête permettra aux enquêteurs et enquêtés d’être sensibilisés d’une manière différente qu’une intervention scolaire traditionnelle