Messages de prévention : les jeunes se mobilisent

ACROVI

Pour alerter sur les risques liés à l’alcool et au cannabis, à la conduite dangereuse sur la route et aux violences, les jeunes se mobilisent. Ils sont appelés à participer au concours ACROVI, pour « Alcool Cannabis ROute VIolences », organisé dans les établissements scolaires. Le concours a été officiellement lancé ce lundi 29 juillet au lycée du Mont-Dore.


Le constat a été dressé de la difficulté de faire passer des messages de prévention, notamment auprès des jeunes. C’est pourquoi il a été décidé de demander aux jeunes eux-mêmes d’intervenir pour soutenir ces messages en les créant par eux-mêmes. « L’objectif de cette action qui s’inscrit dans la cadre de l’action 21 du plan territorial, souligne Sébastien Lemoine, coordinateur du plan de Sécurité et de Prévention de la Délinquance, c’est d’inciter les jeunes de ces établissements à concevoir des messages de prévention à l’intention des autres jeunes, avec pour objectif de concevoir des messages de prévention autour de 4 grandes thématiques : accident, cannabis, violence routière et toute forme de violence faites aux personnes ou aux biens. » Sont invités à participer au concours, les jeunes des établissements scolaires, de l’enseignement primaire et secondaire publics et privés (DDEC), ainsi que ceux suivis en ateliers de jour et en foyer par la DPJEJ. Pour l’heure, 42 classes de 20 établissements scolaires différents, le quartier des mineurs du camp Est et deux groupes des ateliers de jour de la Protection Judiciaire de l’Enfance et de la Jeunesse (DPJEJ), ont fait acte de candidature. « La participation des jeunes, explique Marie-Christine Garin, infirmière conseillère technique au vice- rectorat, c’est vraiment une qualité fondamentale dans n’importe quel programme de prévention. On sait que les jeunes sont un atout pour la société et que quand on leur donne la parole ils vont contribuer de manière positive à apporter leur soutien, leur questionnement, leurs solutions. »

L’imagination au pouvoir

Les messages de prévention peuvent être de formes tout à fait différentes : bandes dessinées, slogans, bandeaux publicitaires, affiches, flyers, vidéos et bien évidemment pour être diffusés sur les réseaux sociaux, ils pourront même être réalisés en langue vernaculaire. Toutes les créations devront avoir été finalisées pour le mois d’août prochain. Elles feront alors l’objet d’un vote grand public via un “like” sur le site Facebook de #ZéroTolérance, et lors de la fête de l’École calédonienne du 14 septembre prochain. Douze de ces créations seront retenues et primées, elles seront alors diffusées dans les établissements scolaires à la rentrée 2020, mais aussi par voie d’affichage, de presse ou par internet et ensuite exposées lors d’expositions itinérantes. « Ces messages, explique Sébastien Lemoine, seront conçus au sein des établissements scolaires avec l’encadrement des enseignants et d’autres équipes  qui viendront pour sensibiliser ces jeunes pour les orienter dans leur projet, dont la brigade de la prévention de la délinquance juvénile pour la gendarmerie et la direction de la sécurité publique à travers l’école de police, les formateurs relais anti-drogue et les policiers intervenants en milieu scolaire. » 

Développer l’estime de soi

« L’idée, qui est quand même remarquable, précise le commandant de police Thierry Bourat, c’est qu’une production de message de prévention soit faite par des jeunes pour les jeunes. Je crois que l’idée maîtresse c’est cela. » En Nouvelle-Calédonie, 80 % des crimes et délits sont commis par des personnes sous l’emprise d’addictions. « Les jeunes, déplore Naomi, élève de terminale, quand ils font la fête ils font n’importe quoi, ils ne savent pas ce qu’ils font ni ensuite ce qu’ils ont fait. » D’où la volonté de s’investir, « c’est bien de faire passer les messages à tous les jeunes du pays, explique Meitala, un autre élève, pour leur montrer qu’on peut s’en sortir sans cela, pour expliquer qu’il ne faut pas arriver à ce stade-là, la violence notamment. » Ce concours va aussi avoir une autre conséquence, « au travers de ce projet, on va aussi développer chez les jeunes leur estime d’eux-mêmes, explique Marie-Christine Garin, c’est-à-dire qu’ils vont se sentir reconnus comme ayant une parole qui intéresse les adultes, ils vont aussi se sentir importants, responsables des plus jeunes et on va développer chez eux des savoir- faire. »



De très nombreux partenaires

Le concours ACROVI est organisé par le gouvernement, le vice-rectorat, la direction de l’Enseignement de la Nouvelle-Calédonie (DENC), la direction Diocésaine de l’enseignement catholique (DDEC), la direction de la Protection judiciaire de l’enfance et de la jeunesse (DPJEJ). La brigade de prévention de la délinquance juvénile de la Gendarmerie Nationale, la Police Nationale, l’école de la police nationale et le mouvement citoyen Zéro Tolérance sont également partenaires, ils assurent ainsi des actions de sensibilisation auprès des jeunes