Focus sur le Collectif Handicaps

HANDICAP

Photo : Druicila Loqa, assistante administrative et Morgane Rivoal, chargée de mission au Collectif Handicaps.

 

En matière de handicap, le Collectif créé en 2004 tient une place majeure. Il est aujourd’hui l’interlocuteur privilégié des institutions. Il agit en faveur des personnes en situation de handicap et œuvre pour leur inclusion au sein de la société calédonienne.


Le Collectif Handicaps a été créé il y a quinze ans à l’initiative de quatre associations qui ont compris qu’à plusieurs on est plus fort. Elles se sont donc regroupées, tout en conservant leurs actions spécifiques de terrain, de manière à peser davantage dans le débat public et auprès des institutions. C’est avec en tête l’objectif de ne plus parler que d’une seule voix, que ces associations se sont réunies autour du Collectif Handicaps. En quinze ans d’existence, le Collectif a ainsi acquis de la force et de l’expertise puisqu’il regroupe aujourd’hui 35 associations.

Œuvrer en faveur des personnes en situation de handicap

« Chacune des associations composant le Collectif mène ses propres actions, explique Morgane Rivoal, chargée de mission au Collectif, et agit sur le terrain à son niveau, souvent sur un type bien particulier de handicap. » Pour sa part, le Collectif travaille de manière transversale, exerçant une vigilance accrue à la fois sur les politiques publiques et sur la défense des intérêts des personnes en situation de handicap. « Nous sommes présents dans toutes les commissions en relation avec le handicap, explique Morgane. Nous menons également des actions de sensibilisation au handicap à destination du grand public. En quelque sorte, nous sommes le porte-drapeau des associations liées au handicap. » Ce regroupement d’associations spécialisées permet d’avoir une véritable expertise pour tout ce qui touche au handicap en Nouvelle-Calédonie. Le Collectif mène également une réflexion éthique autour du handicap, en accompagnant les institutions sur les questions juridiques et éthiques concernant le handicap.

Une exigence d’efficacité

Entre 2004 et 2009, le Collectif Handicaps s’est structuré jusqu’à devenir l’interlocuteur privilégié des institutions. À ce titre on doit au collectif deux lois de pays adoptées en 2009. D’une part la création d’un régime d’aides en faveur des personnes en situation de handicap. Grâce à ce régime, les personnes présentant un taux minimum de 50 % de handicap accèdent à différentes aides : allocations financières, aide au transport, accompagnement de vie… La seconde loi de pays c’est l’obligation faite aux entreprises de plus de 20 salariés d’embaucher des travailleurs handicapés, sauf à verser une contribution financière équivalente à 400 fois le taux horaire du SMG par poste non créé (pour les entreprises de moins de 100 salariés). Il faut savoir que l’on a recensé en Nouvelle-Calédonie, quelque 10 000 personnes en situation de handicap ou de dépendances et 7 000 dont handicapées.

Des actions de terrain

« Nous représentons les personnes en situation de handicap, précise Morgane. Les associations nous remontent leurs difficultés pour nous permettre de rester vigilant sur la mise en œuvre de la politique publique et le cas échéant, être force de proposition auprès de nos décideurs politiques. Par ailleurs, nous sommes un lieu d’information et d’écoute pour les personnes en situation de handicap sur leurs droits, les démarches, les conseils. » Le Collectif ajoute à ses activités quotidiennes, le règlement de quelques dossiers importants. « Nous organisons chaque année la journée internationale du handicap qui vise à sensibiliser le grand public, précise Morgane Rivoal. Par ailleurs nous continuons de travailler sur un dossier essentiel qui est la mise en place du schéma directeur du handicap et de la dépendance. » Et l’an prochain, il reviendra au Collectif Handicaps d’organiser en Nouvelle-Calédonie une session du Programme handicap et citoyenneté, un colloque international, « nous organisons sa venue en Nouvelle-Calédonie en 2020, explique Morgane, c’est un espace de réflexion qui a pour but de changer le regard que la société porte sur le handicap et de repenser les politiques publiques. » Ce colloque sera présenté aux partenaires institutionnels et au grand public lors d’une soirée le 26 juillet au centre culturel Tjibaou. Enfin conclut Morgane, « on travaille en interne sur certaines thématiques transversales comme la scolarisation sur laquelle il y a de nombreux leviers d’amélioration. »


Collectif Handicaps

100 avenue Général de Gaulle – Nouméa

Email : [email protected] – Tél. 24 03 01