Un programme Prévention jeunesse basé sur le modèle islandais pour Koné, Dumbéa et Mont-Dore ?

MILKMAN

La FINC, Fédération des Industries de Nouvelle-Calédonie, a dressé le bilan de l’étude menée en avril dernier auprès de 2 500 collégiens et lycéens, par le professeur américain Harvey Milkman. C’est maintenant aux collectivités d’agir.


Harvey Milkman est professeur émérite de psychologie à l’Université de Denver dans le Colorado. Après avoir testé un programme de lutte contre les addictions et la délinquance aux États-Unis, le professeur Milkman a été appelé à lancer un programme similaire de grande ampleur en Islande au début des années 2000. A l’époque, l’Islande est confrontée au plus fort taux d’addiction chez les jeunes de toute l’Europe. Aujourd’hui, l’Islande est citée en exemple, le programme du professeur Milkman, dénommé « l’expérience islandaise », se poursuit. Devant le succès de l’entreprise, de nombreuses villes ont fait appel au professeur Milkman et aujourd’hui 35 villes de 17 pays mènent à leur tour cette expérience.

2 500 questionnaires

La FINC qui a pris part aux assises de la santé en 2015 puis à la structuration du plan Do Kamo et du PTSPD (Plan Territorial de Sécurité et de Prévention de la délinquance) a fait appel au début de l’année dernière au professeur Milkman, venu en Nouvelle-Calédonie à quatre reprises. Une convention a été signée avec le vice-rectorat, la FINC et les communes de Koné, Mont-Dore et Dumbéa pour qu’une étude soit conduite sur le comportement addictif des jeunes. 2 500 questionnaires totalement anonymes ont ainsi été distribués aux élèves de la 3e à la 1re des collèges et lycées de ces trois communes. De retour à Nouméa, Harvey Milkman a restitué les principaux résultats de cette étude, concernant uniquement les jeunes de 15 et 16 ans, auprès des autorités municipales, des professionnels de terrain et des directions des établissements scolaires.

La confirmation des problèmes

Les résultats ne surprennent personne en ce qu’ils confirment les statistiques déjà existantes, en particulier celles établies par l’Agence Sanitaire et Sociale. Les jeunes de Nouvelle-Calédonie montrent en certains cas de véritables comportements addictifs. 40 % des adolescents interrogés ont ainsi déclaré avoir bu de l’alcool dans les 30 derniers jours et 18 % d’entre eux révèlent avoir été ivres. Pour la plupart (40 %), ils consomment chez les autres, mais 20 % boivent de l’alcool chez eux et 20 % dans les rues. Concernant le cannabis, 28 % des jeunes interrogées affirment avoir consommé du cannabis dans les 30 derniers jours. L’enquête montre également, ce qui est plus inquiétant, que les très jeunes sont également touchés. Chez les moins de 13 ans : 40 % en déjà bu de l’alcool, 13 % ont déjà été ivres, 9 % ont déjà fumé du cannabis. Interrogés sur les raisons de cette consommation, les jeunes affirment majoritairement d’une part que le phénomène de mimétisme avec la bande, les copains ou les amis est important et d’autre part que, plus ils rentrent tard chez eux et plus ils ont tendance à boire ou à fumer. 28 % d’entre eux assurent être rentrés après minuit, une ou plusieurs fois au cours de la semaine précédente.

Et maintenant ?

Le programme du professeur Milkman repose sur deux piliers : le rôle des parents et la facilitation de l’accès des jeunes aux pratiques sportives et culturelles. Ce sont là les deux clés du succès selon le professeur Milkman. Fortes des résultats de l’enquête et des préconisations d’Harvey Milkman, il va revenir aux municipalités qui ont décidé de s’engager dans l’expérience de mettre en œuvre les actions de développement des pratiques sportives et culturelles et de sensibilisation des parents, dans l’espoir de voir une amélioration de la situation.