Cannabis et schizophrénie : cocktail détonnant

CANNABIS SCHIZO
Un usage immodéré du cannabis et des psychotropes augmente-t-il les risques de déclencher des maladies psychiques, notamment la schizophrénie ? La question est posée depuis des années par scientifiques et médecins et des réponses sont aujourd’hui apportées.

Considérée comme une maladie mentale sévère, la schizophrénie apparait au début de l’âge adulte entre 15 et 30 ans. Elle se manifeste par une perte de contact avec la réalité et le fait que la personne qui en souffre n’a pas conscience de sa maladie. En métropole on estime à 600 000 le nombre de personnes considérées comme schizophrènes. Il s’avère qu’en Océanie, pour des raisons qui font encore l’objet d’études, on relève un taux très important de personnes en situation de handicap psychique, dont la schizophrénie. Ainsi en Nouvelle-Calédonie, si 45 % des handicaps sont d’origine moteur, 24 % le sont d’origine psychique,  soit un taux 4 fois supérieur à celui de la métropole ! La question de la schizophrénie se pose donc avec une certaine acuité, d’où l’importance du débat sur le rôle du cannabis dans cet état de fait.

Établir des liens entre cannabis et maladie mentale

Par des milliers d’études de cas, les scientifiques ont rapidement suspecté le fait que l’usage du cannabis et l’apparition d’une schizophrénie étaient liés. Ces études sont corroborées par les statistiques qui montrent que fumer du cannabis à l’adolescence multiplie par 3 le risque de développer une schizophrénie, par ailleurs 40 % des jeunes schizophrènes consomment régulièrement du cannabis (les études nationales et internationales le montrent). « Si vous consommez du cannabis, confirme Morgane Rivoal du Collectif Handicaps, vous prenez le risque de développer des troubles psychiques. » Néanmoins on reste dans le domaine de la statistique, car rien n’est systématique. « Il y a des gens qui vont consommer du cannabis toute leur vie et qui ne seront jamais atteints de schizophrénie, précise Morgane, et d’autres qui vont en consommer peu et qui pourtant, développeront la maladie.

Une personne qui fume peut souffrir de schizophrénie si elle a un terrain fragile à la base. Mais ce n’est pas systématique. » Les chercheurs ont mis à jour le fait que la schizophrénie pouvait se développer chez des personnes pouvant présenter certaines dispositions génétiques, ils alertent donc sur le fait que les jeunes possédant des antécédents familiaux ou personnels doivent éviter la consommation du cannabis. « Les causes de la schizophrénie sont très larges, souligne Morgane, mais chez certaines personnes fumer du cannabis peut être un élément aggravant ou déclencheur. »  Au demeurant, des études ont montré que le cannabis peut être un des facteurs déclenchant des crises. D’où l’importance de la prévention, à l’image de ce que conduit le mouvement #ZéroTolérance. « Les préventions des conduites addictives sont nécessaires pour prévenir le handicap, qu’il soit psychique ou moteur », conclut Morgane Rivoal.


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