ADAVI : pour une aide juridique gratuite

Dans le dispositif judiciaire calédonien, l’ADAVI tient une place importante. Association d’utilité publique, l’Association pour l’Accès au Droit et l’Aide aux Victimes relève de la Fédération France Victimes. Elle vient en aide à tous ceux qui sont confrontés à des délits ou des infractions pour leur prodiguer informations et démarches à suivre.


Si faute de moyen, l’association est un peu en perte de vitesse depuis quelques années, elle ne chôme pas pour autant. En 2018, 1 589 personnes ont été reçues par ses juristes, 68 % pour des accès au droit et 32 % pour de l’aide aux victimes avec en premier lieu les atteintes à la personne, puis les attentes aux biens. « Nous sommes une association composée de juristes, explique sa directrice Justine Molinier, nous recevons les gens gratuitement et anonymement. Ce sont toutes des victimes d’effractions, de cambriolages, de vols de véhicule, mais cela peut être aussi les victimes de violences familiales ou de harcèlement sexuel. Nous recevons les victimes de toutes les infractions possibles et imaginables. »

Une association de juristes

L’ADAVI apporte une aide aux victimes et dans le même temps informe chacun de ses droits et obligations en tant que citoyen. Elle intervient ainsi sur nombre de problèmes comme un divorce, un problème de garde d’enfant, une pension alimentaire non versée, un litige de voisinage, un problème de succession, un litige avec son employeur etc. « La seule limite qui nous est imposée, explique Justine Molinier, c’est que nous n’avons pas vocation à prodiguer des conseils et à nous substituer à un avocat. Nous donnons des informations juridiques, nous informons les personnes sur leurs droits et sur les démarches qu’elles peuvent entreprendre, mais nous ne les représenterons pas au tribunal. » Les missions de l’ADAVI sont multiples et diverses, elle peut aider à la rédaction d’une demande de dommages-intérêts, d’une plainte, elle oriente vers les assistantes sociales et vers les autres associations de défense. Au fil du temps, l’ADAVI a multiplié les liens et les partenariats avec les associations qui peuvent prendre en charge plus spécifiquement la victime. L’Association dispose de formulaires, établis par le Palais de Justice, afin de faciliter les demandes des personnes, telles que l’obtention de l’aide judiciaire, la fixation de la garde d’un enfant, la modification du montant d’une pension alimentaire,… Enfin, l’association ne se limite pas au droit civil mais peut également informer les victimes relevant du droit coutumier.

Autonomiser les victimes

L’association fait en sorte que les victimes ne soient plus dépendantes, mais parviennent à se prendre en charge elles-mêmes. « On essaye au maximum d’aller vers l’autonomisation de la victime, explique Justine Molinier, on va lui donner les outils pour qu’elle fasse les démarches elle-même, qu’elle soit en capacité de comprendre ce qu’elle fait, pour le faire elle-même et avoir la satisfaction de s’en être sortie et d’y être arrivée. »Et les interventions de l’ADAVI sont gratuites. « Sans doute grâce à nos interventions, insiste le président de l’association Jean-Pierre Mazzocchin, les gens redoutent moins de porter plainte c’est un aspect positif qui entre directement dans la lutte contre la délinquance et l’insécurité. » L’ADAVI dispose d’un local au tribunal et y tient une permanence deux demi-journées par semaine le mardi et le jeudi de 7 h 30 à 11 h 30. Le vendredi matin, la permanence est assurée en alternance par une psychologue et un juriste. Ces permanences au sein du Tribunal sont sans rendez-vous et concernent notamment les personnes qui peuvent avoir une audience le jour-même, sont victimes d’une infraction et se retrouvent dans une situation d’urgence…

Dans les bureaux de l’Association, les permanences se font sur rendez-vous, sont présents deux juristes, l’accueillante et une psychologue. « L’essentiel de notre travail, explique Justine Molinier, c’est de recevoir des victimes, mais l’association peut faire beaucoup plus. On pourrait être missionné par le tribunal pour faire des enquêtes sociales, faire des médiations. Il y a des missions judiciaires que nous pourrions assurer si on avait plus de subventions donc plus de moyens, et plus d’effectifs. Nous avons également vocation à intervenir dans les établissements scolaires pour faire de la prévention, dans les maisons de quartiers pour sensibiliser le public sur les thèmes de violences récurrentes… »



ADAVI – Tél. 27 76 08

 – Bureaux (sur rendez-vous) : Place de la victoire, au 33 avenue Victoire Henri Lafleur, au 1er étage (au-dessus du snack Le 7-16 – Nouméa.

– Permanences au tribunal de Nouméa mardi et jeudi matins + un vendredi matin sur deux avec la psychologue d’ADAVI