Microcrédits de l’Adie : contribuer à l’émancipation des femmes

Dans le cadre du Plan territorial de sécurité et de prévention de la délinquance (PTSPD), l’Adie et le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie ont lancé un cycle de réunions d’information sur un dispositif innovant : « Émergence de projets ». Après l’agglomération, ces rencontres vont avoir lieu en brousse et dans les îles, c’est à Touho qu’a été donné le coup d’envoi la semaine dernière.


À Touho, l’Adie (Association pour le droit à l’initiative économique), le gouvernement, mais aussi la mission à la condition féminine, ont volontairement « ciblé » un public féminin. Le Plan territorial de sécurité et de prévention de la délinquance prévoit un important volet en faveur de la lutte contre les violences faites aux femmes et c’est dans ce cadre que s’inscrivait la réunion de Touho. Le but est d’offrir aux femmes l’émancipation économique et financière qui leur permette d’avoir les moyens d’être indépendantes et de pouvoir faire face à certaines conditions extrêmes comme celle d’un conjoint ou d’un mari violent. Au-delà de cette problématique spécifique, mais si présente en Nouvelle-Calédonie, ce dispositif permet de développer ou de créer des activités, notamment en tribu.

Un système simple

L’Adie agit de manière efficace au profit des tout petits entrepreneurs. L’association propose des emprunts de 50 000 francs à 1,2 million de francs CFP, avec des remboursements adaptés, mais également un accompagnement dans la mise en œuvre des projets. Ces prêts peuvent être contractés de manière individuelle ou par un groupe, et cette formule a beaucoup intéressé les femmes de Touho, dans des projets très divers ayant trait à l’agriculture ou à l’artisanat. La réunion de Touho a été conclusive puisque quatre projets vont rapidement obtenir les aides de l’Adie.

INTERVIEW

Coordinateur du PTSPD, Sébastien Lemoine a participé à la réunion de Touho. Il est revenu sur les objectifs de ces rencontres

 

Comment s’est passée cette réunion de Touho ?

D’abord, nous avons eu la satisfaction de constater que toutes les tribus étaient représentées. Nous avons fait le geste coutumier avec les représentants de la mairie, des coutumiers et les femmes qui étaient présents. Nous avons rappelé l’intérêt de la démarche menée par l’Adie, le PTSPD et la mission à la condition féminine qui voit dans ces rencontres un moyen de structurer les relations entre les femmes et tout ce qui est entraide et économie solidaire.

Pourquoi à Touho avoir ciblé un public féminin ?

On s’est aperçu qu’en tribu, le public féminin est véritablement structuré et porte des initiatives. On s’est appuyé sur l’action de trois réseaux : « femmes entraide économie solidaire », « les femmes leaders » et « le réseau Orange ». À travers cette action, l’objectif est de permettre aux femmes d’acquérir une autonomie financière et quel que part de leur permettre une certaine émancipation sociale. C’est aussi à travers cela qu’on peut libérer leurs paroles, et leur permettre parfois de dénoncer certains actes dont elles sont les victimes.

C’est la première fois qu’avait lieu ce style de réunion ?

C’est en effet la première réunion d’une longue série, une trentaine de réunions auront lieu et toutes les communes y compris dans les îles vont être concernées, et ce jusqu’en septembre. À partir de l’année prochaine, nous nous rendrons dans pratiquement toutes les tribus grâce au Proxi Bus qu’on est en train d’acquérir pour que l’Adie puisse se rendre dans les zones plus reculées.

En quoi ces rencontres impliquent-elles le PTSPD ?

C’est sur le volet émancipation des femmes que nous intervenons. Le Plan territorial de sécurité et de prévention de la délinquance agit en direction des femmes victimes de violence en leur offrant la possibilité de devenir autonomes financièrement. En soutenant l’entrepreneuriat des femmes en tribu, on leur permet d’avoir une source de revenus, mais également d’acquérir une certaine confiance en elles, de créer ou de développer une activité.

Adie – Tél.  05 05 55 (numéro gratuit)

  Crédit photo : Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie