Aider à l’émergence de projets

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C’est l’un des volets importants du Plan territorial de sécurité et de prévention de la délinquance : l’insertion par la création d’activités. Le gouvernement, en partenariat avec la province Sud et l’Adie (Association pour le Droit à l’Initiative économique), vient de mettre en œuvre le dispositif « Émergence de projets ». Explications…


En matière de lutte contre la délinquance, la prévention est multiforme. Le plan territorial de sécurité et de prévention de la délinquance (PTSPD), fort de 139 actions, a misé ainsi sur la communication, dont le mouvement citoyen #ZéroTolérance est le fer de lance, mais également sur un important volet économique et social d’aide à l’insertion. « La prévention de la délinquance, explique Sébastien Lemoine coordinateur des politiques de sécurité et de prévention, ne consiste pas seulement à agir au moment où l’on a des conduites à risques, où on a des actes de délinquance. L’objectif est vraiment d’agir en amont. »   C’est dans ce cadre que s’inscrit « Émergence de projets ».

Agir dans les quartiers

Cinthia Koindredi est conseillère à l’Adie, elle travaille dans les quartiers et sur Païta auprès d’une population qu’elle connait bien. « Dans les quartiers, dit-elle, les jeunes ont envie de s’en sortir, mais ils ne savent pas comment faire, ils ne savent pas qui peut les aider. Le principal frein étant l’argent. » Il faut donc leur apporter des outils et des solutions.  « Dans les quartiers, ajoute Sébastien Lemoine, il y a beaucoup de jeunes de 16/18 ans qui ne savent pas ce qu’ils vont faire de leur vie, l’objectif est donc bien de leur donner des outils qu’ils vont pouvoir utiliser pour mettre en œuvre leurs bonnes idées. » C’est là qu’intervient l’Adie dont le but est de financer et d’accompagner les porteurs de micro-projets. L’association aide tous ceux qui souhaitent voir concrétiser leurs rêves et leurs projets, sans condition de diplômes ou de résidence, il suffit d’être majeur. « On est là pour réaliser les rêves des gens, explique Cinthia. On les aide en termes de financement, mais surtout d’accompagnement pour que les projets restent viables. » L’Adie tient donc des permanences fixes dans les quartiers, mais conduit également des actions de prospection auprès des gens. Le but est de permettre à ces projets d’éclore et d’offrir des perspectives, notamment aux jeunes. « Mon souhait, confie Cinthia, est d’agir en faveur des quartiers où il est parfois difficile de sortir la tête de l’eau, alors aujourd’hui aider une maman à créer sa petite structure, ça me fait plaisir. »

La concrétisation d’un projet

Charlotte Thaiawe est âgée de 33 ans. En 2017, elle a créé Vilavi une entreprise de service à la personne intervenant chez les personnes en situation de handicap et les personnes âgées. « Si nous avons pu régler les questions administratives et obtenir l’agrément, explique Charlotte, le problème s’est posé sur le plan financier et j’étais un peu perdue parce que je n’ai pas de fonds propres. Heureusement, nous avons rencontré l’Adie à la maison de quartier qui nous a accordé le financement ». Aujourd’hui Vilavi emploie huit auxiliaires de vie, mais cherche à développer son activité par l’achat d’un véhicule, Charlotte s’est donc à nouveau tournée vers l’Adie, « lorsque l’on croit à son projet, dit-elle, il ne faut pas hésiter, il faut oser aller voir l’Adie.»

Une action forte

Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie cofinance ce programme innovant et affiche des ambitions. « C’est un programme prévu sur trois ans, explique Sébastien Lemoine, l’objectif est d’accompagner des jeunes et de signer 150 contrats de prêt. Il faut redonner confiance aux jeunes, leur permettre de monter les dossiers administratifs, de les aider dans leur démarche et de les accompagner dans la gestion, la comptabilité. »

Adie : 05 05 55 (numéro gratuit)

 

© Crédit photo : Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie