Création d’un dispositif d’accueil des victimes d’agression au Médipôle

SITE ZEROTOL

C’est une étape importante franchie dans la lutte contre les violences. La création de ce dispositif est le fruit de plusieurs années de travail, d’études et de réflexion afin d’apporter plus rapidement de l’aide aux victimes de violence.


Le DAV (dispositif d’accueil des victimes) va permettre aux victimes de violence, et en particulier aux femmes, de trouver en un même lieu une aide sociale, juridique et psychologique. Elles n’auront plus à l’avenir à se rendre de service en service pour trouver aide et soutien. Le DAV est un dispositif unique qui n’existe désormais qu’en Nouvelle-Calédonie. Inspiré du CAUVA (Cellule d’accueil d’urgence des victimes d’agression) créé à Bordeaux, le DAV est installé au Médipôle de Koutio. Il va accueillir les victimes de violences, identifier leurs besoins (hébergement, aide sociale, etc.), les accompagner dans leurs démarches et les orienter, si elles le souhaitent, vers les services de police et de gendarmerie pour un dépôt de plainte.

Une équipe pluridisciplinaire

Le DAV est le résultat d’une volonté politique, médicale et judiciaire d’une plus grande efficacité et d’une plus grande réactivité auprès des victimes. Dans un premier temps, en raison du caractère novateur de ce dispositif, le DAV sera en phase d’expérimentation durant trois ans. Le temps nécessaire pour vérifier les améliorations et les évolutions qui pourront y être apportées. Le procureur de la République et le Collectif des médecins judiciaires (CMJ) seront étroitement associés au dispositif.

Le DAV est financé par la Nouvelle-Calédonie et l’État. Le Médipôle a mis à sa disposition des locaux au sein du pôle mère-enfant, et il recrutera une équipe pluridisciplinaire (psychologue, assistante sociale, etc.).

Trois questions à Karine Destours, coordinatrice du dispositif 

 

Juriste de formation, Karine Destours a travaillé pour le Relais (Centre de traitement des violences conjugales et intrafamiliales de la province Sud), le Centre de Conseil Familial (CCF) et la Direction provinciale de l’Action sanitaire et sociale (DPASS). Elle a désormais la responsabilité de mettre en place le DAV et le travail entre toutes les équipes.


Au moment de prendre en main les destinées du DAV, quel est votre sentiment ?

Karine Destours :Un sentiment de reconnaissance envers les financeurs, car c’est la première fois en Nouvelle-Calédonie que les collectivités s’unissent pour créer un dispositif de compétence territoriale. En effet, si le DAV va être mis en place dans un premier temps au niveau du Médipôle de Koutio, l’objectif est à terme son extension pour les populations des provinces Iles et Nord et c’est très important à mon sens.

Quel sera l’apport du DAV dans la lutte contre les violences ?

K.D. :L’apport du DAV, comme vous l’avez mentionné, est de permettre aux victimes de trouver en un même lieu une équipe pluridisciplinaire de professionnels à même de l’accompagner que ce soit dans son parcours de séparation ou dans son parcours judiciaire si elle entend porter plainte.

Quel sera le parcours des victimes qui se présenteront au DAV ?

K.D. :La victime arrive au médipôle, puisque les locaux sont situés au niveau du pôle mère-enfant, soit orientée par des partenaires soit d’elle-même, elle sera reçue par un personnel formé compétent pour effectuer une évaluation des besoins en terme d’accompagnement. De là elle sera orientée vers les professionnels du DAV : juriste, psychologue, assistante sociale pour des rendez-vous. Ces consultations sont gratuites et protégées par le secret professionnel. Si la victime entend porter plainte, il y aura un accompagnement dans cette démarche avec la mise en place d’accords de partenariat avec la justice, les services de police et gendarmerie ainsi que le collectif des médecins judiciaires afin de faciliter le parcours de la victime.