Aider l’adolescent à être acteur de sa bonne santé mentale

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Accompagner nos enfants à se développer, les aider à prendre soin de leur bien-être et à être acteur de leur santé mentale, une mission délicate sur laquelle revient Suzanne Devlin, coordinatrice du réseau territorial santé mentale pour la Direction des Affaires Sanitaires et Sociales de la Nouvelle-Calédonie.


Qu’est-ce qui peut expliquer le fait que deux jeunes issus d’un contexte social similaire, l’un va succomber aux addictions, et l’autre pas ?

Plusieurs facteurs interviennent dans le développement des adolescents. Sortant de l’enfance, il découvre peu à peu les diverses possibilités qui s’offrent à lui et les risques. L’entourage, les expériences vécues, les conditions de vie influencent ses choix… Également à l’adolescence, le cerveau est encore en plein développement, c’est-à-dire que ses fonctionnalités (sa mémoire, sa capacité d’analyse, de juger une situation, se visualiser dans le futur, adapter ses comportements à la situation…) sont des notions qui n’ont pas encore atteins leur pleine maturité biologique.

De plus, le développement hormonal a aussi son influence. S’intéressant aux autres et souhaitant souvent plaire, les adolescents peuvent adopter des comportements à risque pour se démarquer.

L’adolescent a aussi très peu d’expérience de « trucs » qui fonctionnement bien.

Pour toutes ces raisons, l’adolescent a besoin d’être guidé pour apprendre à faire de bons choix (tant au niveau du plaisir, de sa santé physique que pour son état de bien-être mental).

L’adulte transmet les bonnes informations en expliquant ce qui est bien, ou mal, mais tous les jeunes ne sont pas réceptifs de la même manière…

Oui, chaque jeune ne se construit pas de la même façon. Certains vont être réceptifs aux messages transmis par leurs parents et d’autres ont besoin de se confronter aux risques et à l’interdit pour découvrir leurs capacités. Le sport d’équipe, par exemple, est un des moyens par lequel l’adolescent peut vivre de beaux moments de groupe, tout en mesurant sa force dans des activités où généralement sa sécurité est encadrée.

Quels sont les outils que l’on peut mettre en place, nous, les adultes ?

L’Organisation Mondial de la Santé évoque le développement des compétences psychosociales, c’est-à-dire des habiletés (estime de soi, développer sa capacité à communiquer, à faire des choix, gérer son stress, avoir de l’empathie…) qui nous permettent de mieux surmonter et s’adapter aux défis de la vie.

Cela peut être un peu abstrait, pourriez-vous nous donner un exemple ?

Oui tout à fait, au travers des activités de la vie quotidienne. Par exemple, vous recevez des amis à la maison, demandez-leur leurs idées pour passer un bon moment (choix du menu, musique…) ? Une sortie s’organise, demandez-leur ce que l’on doit penser et faire pour avoir du plaisir en toute sécurité ? Une soirée avec la bande, quels sont les risques auxquels ils pourraient être confrontés (alcool, conduites à risques, influence des amis, etc.) et les solutions qu’ils anticipent (capitaine de soirée, personne à appeler si ça ne se passe pas comme souhaité…).

Par le biais de ces simples occasions d’apprentissages, on découvre comment l’adolescent perçoit les choses et il apprend à anticiper, à trouver des solutions, à communiquer, il acquiert de la confiance en lui.

Ainsi, lorsque l’adolescent est seul devant une situation à risques, ayant développé ses réflexes d’analyse et d’anticipation, il est plus en capacité de les gérer, de concilier plaisir, sécurité physique et son épanouissement psychologique. Il devient peu à peu « acteur de son bien-être et de sa santé mentale ».

 

Si vous êtes inquiets pour vous-même ou pour un proche, appelez SOS Écoute au 05 30 30. C’est gratuit et confidentiel. Des professionnels vous écouteront sans jugement.