Donner sa chance à Nyna* !

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Nyna a 21 ans. Elle vit au foyer Béthanie depuis un an maintenant, depuis qu’elle et sa mère ont été expulsées du logement qu’elles occupaient. Une galère de plus dans une jeune vie qui n’en a pas manqué. Mais Nyna a des projets, des espoirs qu’elle entend concrétiser pour offrir à son fils de 2 ans et demi, la vie qu’il mérite. Témoignage…


Nyna est tombée enceinte à 18 ans alors qu’elle suivait les cours de CAP Cuisine qu’elle a décroché. Elle sait compter sur le soutien du père de son enfant, actuellement étudiant en province Nord. « Je ne sais pas pourquoi on a fait cet enfant si jeunes, explique-t-elle, surtout qu’à l’époque j’étais dans la fête, je buvais et fumais du cannabis, contrairement au père de mon fils qui était plus posé. Si je dois vraiment regretter un truc dans ma vie, c’est d’avoir touché au cannabis. J’avais essayé de décrocher avant de tomber enceinte, mais c’était trop dur, je pétais des câbles, j’étais trop nerveuse. J’insultais les gens, je regardais les gens de travers. Aujourd’hui j’ai tout arrêté, quand j’ai su que j’étais enceinte j’ai arrêté, encouragée par mon copain. Je me suis rendu compte que dans mon ventre, c’était une vie, je ne voulais pas tout gâcher. Du coup j’ai décidé de tout arrêter. »

Aujourd’hui Nyna s’en est sortie, mais elle sait d’où elle vient et ce qu’elle a vécu. « Franchement, insiste Nyna, l’alcool et le cannabis cela ne sert à rien, cela te bousille la vie. J’ai commencé à fumer pour oublier que mes parents se séparaient. Si j’ai un conseil à donner à tous les jeunes, même pas une taffe, même pas çà, cela ne vaut pas le coup ! »

Le foyer Béthanie, une nouvelle chance

L’expulsion de Nyna et de sa maman aura été un épisode douloureux qui a laissé chez Nyna un vrai traumatisme. C’est une dame de son quartier, que Nyna appelle « son ange gardien », qui a récupéré Nyna, son fils et sa mère. Le jour même elles ont pu intégrer le foyer Béthanie. « J’étais un peu perdue en fait quand je suis arrivée au foyer, dit-elle, je ne savais pas trop ce que je voulais entre travailler ou continuer mes études. » Mais l’équipe du foyer s’occupe immédiatement d’elle et lui permet aujourd’hui de monter son projet de vie.

« Ma priorité, dit-elle, c’est mon fils. J’aime la cuisine, c’est vraiment ma passion. Je me suis dit mon fils a un peu grandi, je peux essayer de trouver des restaurants en journée ou des traiteurs. Et donc en ce moment je suis en train de chercher… Si j’avais eu les moyens je serais retournée à l’école, mais là la priorité c’est mon fils. Pour l’instant je préfère vraiment avoir des ressources, mais peut-être qu’un jour je vais reprendre l’école, j’aurai toujours la possibilité d’approfondir mon CAP cuisine pour un BAC. » Nyna trouve une vraie vocation dans la cuisine. Elle aide ainsi à la préparation des plats au foyer. « Ce que j’aime dans la cuisine, confie-t-elle, c’est que tu peux inventer n’importe quoi, des trucs improbables que tu peux marier ensemble. C’est beau ! »

Et Nyna ne rechigne pas à la tâche, « l’équipe du foyer m’aide à faire mon CV, mes lettres de motivation, parce que moi je n’ai jamais fait cela, je ne sais pas comme il faut faire, raconte-t-elle. On cherche sur internet les traiteurs et les restaurants qui pourraient me correspondre, on cherche les adresses, ils m’aident à obtenir des tickets de car pour pouvoir me déplacer, déposer mes CV. Ils m’apprennent également à me présenter à un entretien, comment communiquer, parce que là je vous parle bien mais avant je ne savais pas du tout bien parler. Je parlais vulgairement, je ne savais pas parler en fait, ils m’ont appris à bien m’exprimer à dire des mots que je ne savais même pas dire (rires). » Le rêve de Nyna est donc de trouver un travail, passer son permis de conduire et ensuite de trouver un logement pour elle et son fils, en fait avoir enfin son indépendance !

Construire une nouvelle vie

« Au foyer, dit-elle, c’est la vie en communauté. Il y a quelques conflits parfois, mais la directrice est toujours là pour régler les choses avant que cela ne prenne trop d’importance, elle nous écoute beaucoup. Quand on arrive ici on ne va pas bien du tout, on a une psychologue qui vient tous les jeudis après-midi, donc on peut parler avec elle, on peut se confier, elle nous donne des conseils. C’est une bonne équipe qui est toujours là pour nous, on est bien encadrées, bien soutenues. Moi quand je suis arrivée ici avec mon fils, j’étais au bout de ma vie carrément je ne savais plus quoi faire. » Mais aujourd’hui Nyna sait ce qu’elle veut, « pour l’instant, explique-t-elle, ma priorité c’est de chercher du travail. Quand tu as une motivation, un objectif tu peux arrêter de faire n’importe quoi de ta vie. Moi c’est mon fils. C’est pour ça que je dis aux jeunes que tu peux rigoler et délirer mais sans l’alcool ou le cannabis en fait. Moi je me suis rendu compte après que même sans alcool tu peux t’amuser et faire la fête ! »

 

* Prénom d’emprunt