Jean Todt : « Ça devrait être zéro mort en cinq ans. »

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Jean Todt vient de passer 48 h en Nouvelle-Calédonie. L’envoyé spécial des Nations Unies pour la sécurité routière a multiplié les visites, les réunions de travail et les entretiens, ainsi avec le mouvement citoyen #ZéroTolérance, et apporté son expertise en matière de prévention et de sécurité routières.


Ancien pilote, ancien patron de la Scudéria Ferrari et actuel président de la FISA (Fédération Internationale de Sport Automobile), Jean Todt fait autorité en matière de lutte contre l’insécurité routière. Dans le cadre de ses fonctions à l’ONU, il visite le monde pour attirer l’attention des pouvoirs publics et des populations sur tous les enjeux, financiers, sociaux, sanitaires, de la sécurité sur les routes. En Nouvelle-Calédonie, il a dressé des constats et avancé des propositions.

Prendre des mesures fortes

Le constat dressé par Jean Todt de la situation calédonienne est celui que l’on connait et déplore : trop d’accidents, trop de morts et de blessés sur nos routes et des comportements sinon malsains, tout du moins dangereux lorsque l’on prend le volant. Le discours de Jean Todt a eu le mérite d’être clair, confirmant à tous ses interlocuteurs que seules des mesures fortes et dissuasives étaient en mesure de mettre fin à une situation qui n’a que trop duré.

En Nouvelle-Calédonie depuis 20 ans, le nombre de morts sur les routes ne diminue pas, et pire, le nombre de blessés, souvent graves avec des séquelles majeures, ne cessent d’augmenter. De plus, la cause de ces accidents est invariable : l’alcool au volant et la vitesse. Jean Todt a appelé les uns et les autres à prendre leur responsabilité et tout d’abord en imposant le respect de la loi, il s’est ainsi étonné que 30 % des conducteurs roulent sans permis et qu’au moins 50 % sans assurance. « Quand on est en Afrique ou au Bangladesh, par exemple, a-t-il déclaré, on se demande par quel angle commencer pour lutter contre la mortalité routière. Mais en Nouvelle-Calédonie, vous avez le remède pour faire en sorte qu’il n’y ait plus de morts et vous ne l’appliquez pas. » Et ce que Jean Todt a préconisé d’appliquer, c’est ce qui a permis à la métropole de diviser le nombre de morts sur les routes par deux en 5 ans : limitation de vitesse, permis à point, confiscation des véhicules, installation de radars automatiques.

Pour lui, la manière forte est la seule possibilité, non seulement de réduire le nombre d’accidents, de victimes et de blessés, mais effectivement de changer les mentalités. Encore faut-il être en mesure de faire voter ces dispositions ! Souvenons-nous de la levée de boucliers qu’avait suscitée en Nouvelle-Calédonie, il y a 25 ans, l’obligation du port de la ceinture de sécurité à l’avant, puis plus tard à l’arrière ! Conscient des freins que la société calédonienne impose, mais aussi du manque de volonté des pouvoirs publics, Jean Todt a été clair, réclamant du courage et n’hésitant pas à écorner les uns et les autres. Il a ainsi jugé le plan de lutte contre l’insécurité routière peu ambitieux :

« Zéro mort d’ici à 25 ans, a-t-il déclaré, ce n’est pas un objectif ambitieux. Ça devrait être zéro mort en cinq ans. » Tout le monde est maintenant prévenu de ce qu’il convient de faire…