Lancement d’une étude sur les causes de la délinquance et des addictions

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À la demande de plusieurs groupes politiques, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie vient d’annoncer le lancement d’une étude sociologique sur les origines des comportements addictifs et les déterminants de la délinquance. Il s’agira d’aider à la mise en œuvre des politiques publiques.


En Nouvelle-Calédonie, la délinquance, sans atteindre les taux rencontrés en métropole ou dans les DOM-TOM, a progressé sans cesse depuis dix ans. On sait maintenant la part majeure que tient la consommation excessive d’alcool dans cette délinquance, mais également l’importante participation des mineurs à cette délinquance. Les statistiques montrent ainsi que les délinquants sont de plus en plus jeunes, ils ont 12 ans contre 15 en métropole, lorsqu’ils commettent leurs premiers faits de délinquance et qu’un quart des mis en cause est mineur. De plus, la moitié d’entre eux sont alcoolisés ou sous l’empire de stupéfiants lorsqu’ils commettent un délit. C’est à cette imprégnation de la jeunesse dans la délinquance que l’enquête devra s’intéresser.

Qui sont les jeunes délinquants ?

L’étude sociologique commandée par le gouvernement a pour but de définir qui sont ces jeunes en perte de repère et pourquoi ils les ont perdus. Elle va donc chercher à savoir pourquoi et comment les mineurs détenus ou condamnés, les jeunes en voie de déscolarisation ou régulièrement sous l’emprise de l’alcool et du cannabis, ont ainsi basculé. Cette étude, dont les résultats seront rendus publics fin 2020, entre dans le cadre du plan territorial de sécurité et de prévention de la délinquance. Le gouvernement rappelle qu’en 2018, la société I-SCOPE avait réalisé un état des lieux de la délinquance, et examiné également les pistes possibles d’une meilleure prévention en se basant sur les expériences conduites dans d’autres pays. Cet état des lieux avait conduit à mettre en évidence que le climat familial est le premier facteur de risque, mais aussi de protection, et que le délitement de la structure familiale traditionnelle, la crise identitaire et le chômage étaient les causes principales de la délinquance des jeunes. C’est également cet état des lieux réalisé par I-SCOPE qui avait mis en exergue l’expérience islandaise dont beaucoup ont réclamé l’extension en Nouvelle-Calédonie. Sur ce point, le gouvernement précise que : « l’ensemble des dispositifs internationaux étudiés ne saurait toutefois être transposé à la Nouvelle-Calédonie sans qu’une étude approfondie des cibles et des facteurs de risque et de protection spécifique ait été réalisée. »