Souffrances psychologiques ? Casado, un espace de parole pour les jeunes

Le Casado est un lieu d’écoute et de consultations dépendant du Centre Hospitalier Spécialisé Albert Bousquet. D’accès entièrement gratuit, il s’adresse aux adolescents en souffrance psychologique et leur offre une écoute et les soins nécessaires pour se sentir mieux.


L’équipe du Casado est composée de psychiatres, pédopsychiatres, psychologues, infirmiers, éducateur, assistante sociale et cadre de santé. Ils rencontrent 860 jeunes chaque année dont environ 300 nouvelles demandes. Il y a autant de demandes pour les garçons que pour les filles.

Qui peut être pris en charge au Casado ?

Le centre reçoit les adolescents de 12 à 18 ans en souffrance. Celle-ci peut s’exprimer par un mal-être, de la tristesse, des conduites à risques, des troubles du comportement… Le Casado accueille également beaucoup de victimes de violences ou de traumatismes (ex : sexuelles, intra-familiales, maltraitances). Les familles peuvent également être accueillies et sont souvent en demande de conseils et d’aide à la parentalité.

Comment s’effectue la prise en charge ?

Le Casado intervient à la demande des adolescents, des parents ou de l’entourage (scolaire, médico-social, éducatif…). Un premier entretien d’accueil (sur place ou par téléphone) permet de mieux comprendre la demande et d’orienter ensuite le jeune vers le professionnel le plus à même de l’aider. Selon les cas, des prises en charge individuelles ou groupales peuvent être proposées. Pour certaines problématiques comme les addictions par exemple, un projet de soins peut être envisagé avec Déclic. D’autres partenariats peuvent également être instaurés, comme avec le Vice-rectorat pour favoriser l’intégration et le bien-être en milieu scolaire.

Et pour les cas urgents ?

Il existe une consultation d’urgences pédopsychiatriques ouverte au Médipôle et des lits d’hospitalisation pour les adolescents également pour certaines pathologies. « Nous traitons l’accueil des problématiques suicidaires, avec une partie médicale dans un premier temps et une partie psychologique dans un second. Nous intervenons également sur certaines pathologies psychiques et psychosomatiques comme l’anorexie mentale », souligne le Dr Charlot, chef du service de psychiatrie infanto juvénile.

 

Dr Charlot, chef du service de psychiatrie infanto juvénile.

Interview : Johanne Joly, psychologue au Casado


 

Pourquoi un adolescent va-t-il se révéler être plus fragile qu’un autre ?

Cela va dépendre de sa personnalité et de la manière dont il va vivre les choses. Plusieurs facteurs peuvent être à l’origine d’une fragilité chez les adolescents. Par exemple, aujourd’hui beaucoup d’adolescents sont victimes d’un harcèlement qui nait souvent via les réseaux sociaux. Leur fragilité va dépendre de l’environnement familial, du réseau amical, du soutien qu’ils vont recevoir… Un jeune plus isolé va ressentir un plus grand mal-être qu’un jeune qui est bien entouré.

Qu’est-ce qui devrait nous alerter nous en tant que parents ?

En fait, il faut s’interroger dès que l’on remarque un changement de comportement : isolement, baisse des résultats scolaires, désinvestissement, consommation de toxiques, automutilations, agressivité… ce sont des signes qui peuvent amener les parents à s’interroger et tenter de comprendre ce qui ne va pas.

Comment, parents, peut-on accompagner au mieux un adolescent en souffrance ?

Avec de l’écoute et de la présence, c’est primordial, il faut maintenir le dialogue. Ensuite en n’hésitant pas à les orienter vers les professionnels compétents. Ce n’est pas évident, car lorsqu’on est parents, il y a l’affect et notre propre histoire qui jouent. Ça n’est pas facile non plus pour les jeunes d’exprimer à leurs parents ce qu’ils ressentent. Ils craignent d’inquiéter ou d’être pris pour des fous. Il y a des peurs (d’être jugé, de décevoir..) qui surgissent chez eux et ils considèrent souvent qu’il est plus facile de parler à une personne neutre.

Est-ce qu’un adolescent fragile fera un adulte fragile ?

Je dirai non, ce n’est pas une réalité. Heureusement, des difficultés vécues pendant l’adolescence peuvent n’être que passagères ! Verbaliser ses ressentis permet déjà de prendre conscience de son fonctionnement et d’agir pour évoluer. L’adolescence est une période de construction avec une possibilité de retrouver un équilibre interne.

La clé c’est que le jeune arrive à verbaliser son mal-être ?

Oui bien sûr. C’est souvent ce qui leur manque. La plupart n’ont pas été éduqués à cela, ils expliquent qu’on leur a surtout appris à se taire. Donc ils n’ont pas l’habitude de verbaliser, ne serait-ce que leurs émotions. C’est très compliqué. C’est quoi une émotion ? Qu’est-ce que je ressens ? Ils ne savent pas finalement. On est là aussi pour leur apprendre ce qu’est une émotion et comment en parler.


Casado : Centre d’accueil et de soins pour adolescents
18 rue Jean-Baptiste Dezarnaulds, Colline aux oiseaux, Nouméa
(au-dessus du Vice rectorat et du Haut-commissariat)
Ouvert du lundi au jeudi de 9 h à 17 h et le vendredi de 9 h à 16 h.
Tél. : 25 52 33