Déclic : lieu d’échanges et de réflexions concernant les consommations ou comportements des jeunes liés à l’addiction

Le dispositif Déclic reçoit chaque année environ 800 jeunes, de moins de 25 ans, pour une prise en charge brève de toutes formes d’addictions : tabac, alcool, cannabis, kava, cyber etc. Ce service fait partie du programme de prévention en addictologie de l’Agence Sanitaire et Sociale de la Nouvelle-Calédonie. L’équipe, constituée de quatre intervenants et d’une secrétaire, reçoit les jeunes et leur famille, à Nouméa, mais également en brousse avec des permanences à Koné, Koumac, Poindimié, Houaïlou, Bourail, La Foa, Païta et Mont-Dore. L’accompagnement proposé est totalement gratuit et les échanges demeurent bien sûr confidentiels.

 « Notre travail est de prévenir les conduites addictives qui peuvent avoir des conséquences plus ou moins graves dans le quotidien des jeunes. Il s’agit donc de faire en sorte de limiter au mieux ces conséquences ou qu’elles n’apparaissent pas par la suite. Nous accompagnons les jeunes à reprendre le contrôle pour éviter que cela devienne un vrai problème », souligne Emmanuel de l’équipe Déclic.

Pour chaque jeune, les membres de l’équipe réalisent un entretien de prévention, d’information et de sensibilisation et évaluent de manière globale, la nature de la problématique. Ils proposent une prise en charge bienveillante et individualisée. Les jeunes sont ensuite accompagnés, s’ils le souhaitent, dans une démarche de changement. « En aucun cas, Déclic impose au jeune quoi que ce soit, mais va encourager la réduction du risque. » Cet accompagnement se fait sur du court terme.

Laura, Carole, Virginie, Emmanuel, les intervenants de Déclic.
Un travail avec le jeune et son environnement familial

L’entourage est obligatoirement concerné. « On va mener un travail auprès des jeunes, mais aussi d’accompagnement familial et de soutien à la parentalité. Dans certains cas, on ne voit même pas le jeune, mais on va travailler avec ses parents ou son entourage proche. Par exemple, on peut voir des parents qui ont trouvé du cannabis dans la chambre de leur adolescent et qui se sentent désemparés, ne savent pas vraiment comment aborder cela avec leur ado. Ils viennent alors chercher conseil auprès de nous et on les aide à avoir une posture adaptée face à leur enfant afin qu’ils amènent le jeune à entendre certaines choses. On ne peut d’ailleurs pas travailler avec un jeune sans travailler avec son environnement familial. Des fois, il suffit de travailler avec les parents pour que les consommations des jeunes changent », explique-t-on à Déclic.

Un réseau de partenaires

Déclic travaille avec beaucoup d’établissements scolaires et plus particulièrement directement avec les infirmiers, CPE, assistants sociaux… qui peuvent être amenés à orienter ces jeunes aux pratiques addictives vers Déclic. Il est cependant nécessaire que cette démarche soit acceptée par le jeune. Déclic collabore aussi avec d’autres structures, accueillant ou en contact avec des mineurs ou jeunes majeurs (foyers, services éducatifs, CASADO, MIJ, justice…). « Nos partenaires représentent l’ensemble du monde psychosocial éducatif et judiciaire qui tourne autour de la jeunesse », précise Emmanuel. « Il y a aussi des prises en charge volontaires, émanant donc de la famille ou des jeunes eux-mêmes. 10 à 15 % sont des jeunes qui viennent spontanément ou qui sont adressés par leurs familles. »

Un travail sur la réduction du risque

Recherche identitaire, de sensations, de limites, de socialisation…, la grande majorité des jeunes sont dans l’expérimentation et recherchent des limites. Si leur façon de consommer est déjà problématique, le but de Déclic est de les encourager à en prendre conscience afin qu’ils aient envie de changer. « Notre travail va être de leur faire prendre conscience des risques et conséquences négatives afin de les guider à trouver des solutions pour les diminuer. »

 La cyberaddiction : un phénomène en émergence

Cette forme nouvelle d’addiction est également prise en charge à Déclic, à savoir l’addiction à internet et aux jeux vidéo… Cela concerne souvent les pré-ados qui peuvent passer plusieurs heures par jour devant leur écran. L’isolement, le changement d’humeur, l’agressivité peuvent être des manifestations d’un processus d’addiction. « Ils peuvent être véritablement dans leur monde et cela devient encore plus inquiétant lorsque leur comportement se modifie et qu’ils présentent des troubles alimentaires, du sommeil, des perturbations scolaires ou autres », explique Carole, intervenante à Déclic. Ce phénomène n’est certainement pas à prendre à la légère, car ses conséquences peuvent être dommageables et elle est à considérer comme toute autre forme d’addiction.


Déclic c’est sur RDV à Nouméa ou en brousse au 25 50 78

ou sur place au 7 rue Ter de la République – Nouméa

Email : secretariat.declic@ass.nc