Un chantier de réinsertion à saluer

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Sur #zérotolérance on n’hésite pas à dénoncer les abus en tout genre et les comportements à risque, mais on sait aussi reconnaître les actions qui vont dans le bon sens.

C’est le cas du chantier de réinsertion qui se déroule en ce moment au marché de gros de Ducos en partenariat avec le gouvernement et la chambre d’agriculture.

Depuis une semaine, au milieu des professionnels de l’agriculture un autre public est à l’œuvre au marché de gros de Ducos. Ce public, une vingtaine de jeunes suivis par la direction de la  protection de l’enfance et de la jeunesse (DPJEJ), va travailler pendant trois semaines pour réhabiliter le site régulièrement en proie aux dégradations et dont les murs sont recouverts de tags.

Ce matin, les deux plus jeunes membres du gouvernement, Nicolas Metzdorf et Christopher Gyges,  accompagnés du président de la chambre d’agriculture, Gérard Pasco, présentaient ce chantier éducatif « un partenariat qui s’inscrit pleinement dans le cadre du plan territorial de prévention de la délinquance ».

C’est la deuxième fois qu’un tel chantier est organisé. Le premier c’était en juin 2017. « Quinze jeunes s’étaient attelés à nettoyer et repeindre le musée de la Nouvelle-Calédonie dont les façades étaient littéralement recouvertes de tags. Alors que le chantier devait durer 15 jours, il s’est achevé en une semaine grâce à la volonté et à l’investissement des jeunes, précise Christopher Gyges, en charge notamment de la protection de l’enfance et de la jeunesse. Aujourd’hui le musée est propre, mais ce qu’il faut retenir aussi c’est que certains de ces jeunes se sont engagés dans une démarche de réinsertion ou sont retournés à l’école. Quant aux autres, ils en sortent enrichis et valorisés ».

Fort de ce constant le gouvernement a souhaité s’associer avec la chambre d’agriculture pour poursuivre la rénovation de marché entreprise depuis 2016. « Il y a près de 3 ans, la halle de Ducos était dans un état pitoyable. C’était l’image de l’agriculture que nous donnions aux professionnels et aux clients, explique Nicolas Metzdorf, en charge de l’agriculture. Nous avons investi 100 millions pour lui redonner une image digne de ce nom, mais il reste encore à faire et ces jeunes vont y participer. Leur travail sera une vraie plus-value ».

Durant encore 15 jours la vingtaine de jeunes, encadrés par des éducateurs, se relaie pour nettoyer, reboucher et repeindre les 10 500 m2 de mur. « La chambre d’agriculture a tout de suite compris le sens de la démarche, c’est-à-dire un chantier, mais avec une forte valeur ajoutée éducative pour ces jeunes », précise Christiane Tétu-Wolff, la directrice de DPJEJ. Parmi ces jeunes, tous sont suivis. Certains dans le cadre du milieu ouvert, c’est-à-dire, qu’ils sont chez eux, en famille, d’autres dans le cadre de la prévention de la déscolarisation ou dans le cadre de mesures de réparations pénales à exercer, comme le travail d’intérêt général (TIG). Certains viennent même de sortir de détention ou sont en aménagement de peine, comprenez qu’ils sont encore incarcérés. En clair, tous ont dérapé à un moment de leur vie, parfois très jeune, mais ils ont envie de s’en sortir et de rompre avec la spirale de la délinquance.

« Les premiers jours ils sont tête baissée, il ne parle pas, mais dès quelques jours ils relèvent la tête, communiquent, raconte la directrice de la DPJEJ. La valeur du travail est importante car certains de ces jeunes ne savent même pas de quoi ils sont capables, n’ont aucune estime d’eux-mêmes, mais au fil des jours, ils comprennent l’importance de ce qu’ils font, d’arriver à l’heure… Ils n’ont jamais été valorisés et c’est ce que ces chantiers permettent. Quand on leur fait découvrir cette valeur travail à travers ces ateliers d’échange et de proximité bien encadré, ça fonctionne ! »

Une initiative qui en appelle d’autres parce que les chantiers, tout comme les jeunes en perte de repères, ne manquent pas en Nouvelle-Calédonie.