Pas d’âme esseulée au Macadam

Accueil 27 06 18 (2)

Au Macadam, centre d’accueil de jour de l’association Accueil, tout est mis en œuvre pour qu’une personne sans domicile fixe et sans ressources financières trouvent une écoute et les clés pour se reconstruire.

Dans l’atelier du centre d’accueil de jour Macadam, situé à Doniambo, Eugène(1) peaufine sa dernière création.

 

« C’est un hôtel à insectes, explique-t-il sourire aux lèvres. Il est composé de différents assemblages de bois, de la fibre de coco au bambou, en passant par le contre-plaqué et sert de refuge pour différentes espèces d’insectes utiles aux jardins potagers ».

 

 

Eugène parle de son travail avec la passion d’un menuisier. Il n’est pourtant pas employé. Comme les 70 autres personnes présentes au centre Macadam, il n’a pas de toit, ni de ressources financières ou familiales.

 

« Dans notre association l’Accueil, toute personne comme Eugène est la bienvenue. Nous offrons à tout individu sans domicile fixe les moyens de se reconstruire »

 

, raconte le directeur de l’association, Aurélien Lamboley.

Dans ce centre de jour, ouvert de 7h à 17h, on trouve de quoi manger, se laver, s’habiller mais aussi et surtout une oreille attentive.

 

« A son arrivée, tout nouvel inscrit rencontre un travailleur social qui l’écoute et met des mots sur ses besoins, explique le directeur. Petit à petit, nous les aidons à reprendre confiance en eux et à se reconstruire ».

 

Concrètement, cela passe souvent d’abord par l’obtention de leurs droits, des papiers d’identités à la couverture sociale. La suite dépend de chacun. Les profils des personnes sont aussi hétérogènes que leurs origines et catégories sociales diverses. Les personnes qui le souhaitent peuvent, comme Eugène, intégrer l’atelier de recyclage du centre ou participer au chantier de réinsertion « Les jardins solidaires ».

 

« Ils testent d’eux-mêmes leurs capacités à répondre à des demandes, à obéir et respecter des commandes. C’est un premier pas vers la réinsertion professionnelle »

 

, souligne Aurélien Lamboley.

Et ça marche. L’association parvient à reloger une dizaine de personnes par an.

 

« Pour moi, le succès ne s’arrête pas là, expose Aurélien Lamboley. Etre parvenu à fidéliser une personne au centre après huit années passées dans la rue, et un refus total tout du long de notre aide, est aussi une réussite. »

 

 (1) Son prénom a été changé pour conserver l’anonymat de la personne.